"Pour survivre, les Himbas doivent avoir les pieds enracinés dans leurs traditions et les voix qui portent jusqu’aux grands pays au-delà de la grande mer..."

Kovahimba, l'association ayant pour but d'aider les Himbas, peuple nomade de Namibie
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Discours de Kapika

Kapika est le chef traditionnel Himba de la région nord du Kaokoland.
C'est sur son territoire que le projet du barrage d'Epupa devrait être construit. Il a hérité du titre de chef de son père qui était réputé l'homme le plus riche du Kaokoland, tout au moins avant la grande sécheresse des années 80.
Agé d'une cinquantaine d'année, («un gamin pour un chef» aiment à répéter les Himbas), il était assez peu «respecté» malgré son titre de chef jusqu'à la mort de Katjira. Son engagement contre le barrage et l'habileté avec laquelle il a su se présenter aux médias à partir de 1995 l'ont aidé à retrouver son autorité.
 
"...Maintenant, parlons du fleuve. Il vient d'Okarundu jusqu'ici, puis continue jusqu'à Otjinungwa. Tous les Himbas sont nés ici, près du fleuve. Moi je suis né à Enyendi. Le fleuve fait un bon travail. Tous les êtres vivants se rendent à la rivière pendant la saison sèche pour manger ses plantes tendres et vertes, et boire son eau. L'eau du Kunene a le même parfum que l'eau de pluie. Ce n'est pas comme l'eau de source.
Lorsque les vaches boivent l'eau de ce fleuve, elles deviennent grasses, bien plus que si elles buvaient n'importe quelle autre eau. Près du fleuve, l'herbe verte poussera toujours. Les vaches qui restent loin du fleuve meurent. Nous aimons le fleuve. Dans ce fleuve poussent de grands arbres comme les palmiers, l'arbre Krematalt, ainsi que des fruits que nous mangeons. C'est ainsi que la rivière nous nourrit. C'est le travail de la rivière.
Lorsque quelqu'un nous dit que l'on va construire un barrage à Epupa, c'est comme si j'entrais dans votre village de nuit, et que je prenais de force tout votre bétail. Comment réagiriez-vous ? Vous seriez furieux.
Si nous entendons un jour que ce barrage sera construit, notre cœur se transformera en pierre. Nous refusons ce barrage. Le fleuve est notre espoir, notre vie. Nous refusons ce barrage. C'est notre mort. Les tombes de nos pères sont encore là, d'Okarundu à Otjinungwa, de ce côté-ci comme du côté angolais. La rivière ne nourrit pas uniquement mon côté. Ils ont dit que cela nous aiderait. Nous n'avons pas compris. Qu'est-ce qui va nous aider ? Comme je vous l'ai dit, nous n'avons pas reçu le maïs que le gouvernement nous avait promis. Alors, quand ils disent qu'ils vont construire ce barrage et qu'ils nous amèneront des choses par la même occasion, comment pouvons-nous les croire ? Ils font sans arrêt des promesses, mais ne les tiennent jamais. Nous le connaissons très bien, le gouvernement ; il ne nous aide pas. Il nous coupe la gorge.
Nous ne le laisserons pas venir en paix."
 
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