"Pour survivre, les Himbas doivent avoir les pieds enracinés dans leurs traditions et les voix qui portent jusqu’aux grands pays au-delà de la grande mer..."

Kovahimba, l'association ayant pour but d'aider les Himbas, peuple nomade de Namibie
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Mieux connaître les Himbas

L’histoire des Himbas

Comme tous les peuples hereros, les éleveurs Himbas font partie du groupe linguistique bantou. Originaires de la région des Grands Lacs, ils traversent le fleuve Kunene, aujourd’hui fleuve frontière entre l’Angola et la Namibie, pour la première fois au seizième siècle. Les éleveurs Ovambos et Namas, déjà installés sur les meilleures terres, ne leur laissent guère le choix : la majorité des hereros poursuit sa migration jusqu’au centre de la Namibie. Seul un petit groupe décide de s’installer dans le désert tourmenté du Kaokoland. Pour ces résistants, pendant plusieurs siècles, ce sera la lutte continuelle. Le Kaokoland (en langue herero, « terre lointaine »), vaste région de 50 000 km2, avec ses points d’eau et ses sources disséminées, force les Himbas à opter pour un style de vie semi-nomade entre des campements très dispersés. En raison de cet isolement spatial et social, ils deviennent une proie facile pour les bandes de voleurs de bétail Namas.
 
Au milieu du 19ème siècle, attaqués et dépossédés de leurs troupeaux, les Himbas sont obligés de se replier en Angola. Pour survivre, ils doivent mener une existence de chasseurs-cueilleurs. Rien de plus dégradant, pour un peuple de pasteurs. C’est d’ailleurs de cette époque difficile qu’ils tirent leur nom : les Ngambwe les nomment « Himba », les mendiants. Par la suite, les Himbas se sont plutôt bien intégrés dans l’économie coloniale portugaise. Ils travaillent comme pisteurs ou chasseurs professionnels, sur les plantations et certains sont même devenus marins. Ils ont aussi été engagés par les portugais comme mercenaires pour lutter contre les « rébellions des natifs ». Avec l’argent gagné lors de leurs expéditions armées, ils ont pu acheter du bétail et reconstituer une partie de leur cheptel.
 
Au début du 20ème siècle la colonisation allemande ensanglante la Namibie. De nouveaux réfugiés rejoignent les Himbas en Angola. Ce n’est que dans les années vingt, avec la colonisation sud-africaine, sous la direction du chef de guerre herero Vita, que les Himbas retraversent le fleuve Kunene pour regagner enfin leurs terres.
Pour protéger l’économie des fermiers blancs, le gouvernement sud-africain interdit aux Himbas tout mouvement de bétail hors de leur région, les privant ainsi de leur principal moyen d’échange. Les entraves à la loi sont sévèrement punies. Entourés de zones tampons, les Himbas sont forcés de vivre en quasi autarcie. Et ce, quasiment jusqu’à l’indépendance …
 
En 1970, les Himbas sont les pasteurs les plus riches d’Afrique. Plus de 130 000 têtes de bétail, des dizaines de milliers de moutons et de chèvres. Mais depuis, une série de calamités s’est abattue sur les habitants du Kaokoland. La terrible sécheresse des années 80 et les sept ans de guerre qui opposèrent l’armée sud-africaine et les indépendantistes de la SWAPO ont à nouveau décimé leur cheptel. Après avoir survécu plusieurs années grâce à l’aide alimentaire, ils ont partiellement reconstitué leurs troupeaux et repris leur vie nomade.
 
En 1990, la Namibie obtient enfin son indépendance. Mais la décennie qui suivra ne sera pas encore de tout repos pour les Himbas. D’abord, un projet de barrage menace d’inonder les terres de pâturages et les tombes de leurs ancêtres. Aussi grave, si ce n’est plus : le soudain afflux de touristes dans la région. En 1997, on en compte 20 000, soit deux fois plus que de Himbas. La beauté sauvage du « peuple d’ocre » risque aussi de provoquer sa perte. Attirés par la manne que représentent ces voitures chargées à bloc, les Himbas répugnent de plus en plus à s’éloigner des pistes et nomadiser. Ils traquent les touristes pour leur vendre les parures de leurs ancêtres ou les échangent contre de l’alcool bon marché. La société Himba, pourtant en constante évolution, a du mal à s’adapter à des transformations aussi rapides.
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